Le Handicap

 

 

 

A  -  Un exemple de handicap : l’autisme

 

Freud, en 1937, s’est rendu compte du bénéfice qu’on pouvait tirer de la relation de l’enfant à l’animal en considérant le processus des identifications. Il note que les enfants n’ont aucun problème à considérer les animaux comme leurs égaux à part entière. Ils se sentent d’avantage apparentés à ces derniers qu’à leurs parents, qui sont une énigme pour eux. Dans un premier temps, la ressemblance est du côté de l’animal, la différence du côté de l’adulte.

C’est à la fin des années 1950 que Boris Levinson, un pédopsychiatre américain, fut le premier à parler du rôle catalyseur social que peut jouer l’animal envers l’homme.

Il s’est aperçu que les animaux étaient particulièrement utiles pour les personnes les plus fragiles

 

Le non jugement de l’animal envers la personne fragilisée fait en sorte qu’il devient le médiateur idéal.

Il est capable de faire comprendre son accord ou son désaccord par des faits, des gestes ou des mimiques qui provoqueront une réflexion et une interrogation de la personne.

Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, avait conçu le concept de «  social interest « .

Cette notion caractérise les différentes manières d’entrer en contact avec les autres.

L’intégration sociale dépend de l’estime que nous avons de nous même, car le besoin de communiquer, de créer, de développer des liens est une nécessité humaine.

De par leurs difficultés physiques, sensorielles, émotionnelles, cognitives et/ou comportementales

Les personnes handicapées peuvent se retrouver en échec.

L’estime de soi est alors d’autant plus importante qu’elle lui est nécessaire pour se construire sur le plan affectif et social.

L’animal joue ce rôle important de médiateur non menaçant et facilite ainsi l’intégration sociale.

 

Les liens entre la personne et l’animal passent par un système de communication non verbale.

C’est d’autant plus important pour l’enfant autiste qui, souvent, ne communique pas par la parole.

L’enfant accède à la possibilité de se structurer dans une communication qu’il ne découvre que grâce à cet échange gestuel qui se crée avec l’animal. Son mutisme, son isolement, son agressivité, son rejet, sa peur sont autant de problèmes qui se trouvent ainsi canalisés, voire, diminués.

Son regard fuyant est interpelé par le regard du chien et la relation qui s’instaure favorise le développement du langage.

Même dans le cas particulier de l’autiste, il peut y avoir identification avec certains animaux : la poule perd ses plumes comme le psychotique a l’impression de perdre des parties de lui-même.

Konrad Lorenz, éminent éthologue, et chercheur scientifique sur le comportement animal s’intéressa plus particulièrement aux rites : il nous apprend que l’oie sauvage, peut tomber en dépression si on modifie une seule de ses habitudes, fut elle insignifiante et puérile en apparence. Quand les rites ont une signification manifeste pour l’individu et une grande importance pour l’espèce, en être privé est pour lui, comme pour l’oie, une mort avant la mort.

Respecter des habitudes est signe de repères, à plus forte raison chez la personne autiste.

 

A la place de l’instinct, il y a chez le jeune humain un grand vide angoissant, c'est-à-dire une intelligence et une liberté encore informe. Entre la détermination de l’instinct chez l’animal et l’indétermination de la conscience chez l’homme, Lorenz voyait une zone noire provoquant un état de choc. C’est en rapprochant les deux visions respectivement de Winnicott et de Lorenz que François Beiger a développé le concept de relation intuitive dans la médiation Homme/animal.

 

B  -  Propositions de travail en zoothérapie

 

Le travail proposé pour ce type d’enfants peut, en plus de l’animal, se faire à l’aide de tout support le concernant : affiches, dessins représentant des animaux familiers, livres, jeux, puzzles, cubes, jeux éducatifs autour des animaux, figurines….et comparatif entre l’animal vivant qui évolue dans la pièce et l’imagerie. Nous proposons aussi des images à remettre dans l’ordre et des adéquations concernant  les soins à apporter aux animaux. Nous commentons toujours verbalement notre action, qu’elle soit auditive ou visuelle. L’enfant va distinguer les différentes significations en rapport avec l’animal et par la suite, il va chercher à les combiner ensemble. Le but de ce travail est d’encourager la personne à progresser et à débloquer les mots et phrases pour les non verbaux, ce qui n’atteste pas pour autant, pour certains, d’une déficience intellectuelle prononcée. Ce mutisme représente plutôt leurs dysfonctionnements typiques en regard de la communication et de la socialisation.

Alors que les enfants au développement normal trouvent, dans leur environnement, les conditions nécessaires à l’apprentissage du langage, du jeu et des relations sociales, ce n’est pas le cas pour les enfants autistes qui se trouvent  coupés du monde par leur handicap, mais nous sommes persuadés qu’ils peuvent tout de même acquérir des connaissances et des apprentissages grâce à des repères très structurés et des conditions maximales pour apprendre ce que les autres enfants apprennent naturellement.La toute première chose à faire pour que l’enfant autiste s’ouvre au monde extérieur et qu’il y trouve sa place, est de s’appliquer à le sortir de son blocage émotionnel, qui le protège de son handicap et de l’ouvrir au relationnel et à l’affection, ce  à quoi contribue fort bien l’animal domestique.

A ce propos, vous pouvez consulter la rubrique : «  Un Doudou Pour Titou,  une expérience originale ».

Brosser un animal, mettre un collier au chien pour la promenade ou sa laisse, verser les croquettes dans son plat, remplir son bol d’eau, sont autant de petites actions qui mènent l’enfant à concevoir et affiner ses gestes. En ce qui concerne aussi le schéma corporel, il voit que l’animal a, comme lui, des oreilles, des os, des narines, etc….Il apprend à les localiser sur l’animal ainsi que sur lui-même.

Quand il aura dépassé sa peur du contact, qui, je le rappelle, est amoindrie avec les animaux, il pourra toucher l’animal, le caresser. Il doit donner l’assurance de pouvoit être pris dans les bras sans que celui-ci ne se fasse pincer ou mordre. Les lapins nains, cochons d’inde, le chien et même nos chats, qui sont d’un naturel très doux ( ce sont des persans ) correspondent tout à fait à ces critères.

Une fois la confiance instaurée, nous pouvons passer à des ballades en double laisse, ce qui renforcera le sens de l’équilibre de la personne. On pourra même travailler en attelage pour procurer une sensation différente, nos chiens étant attelables. A chaque retour, on expliquera que l’animal doit encore  être soigné, abreuvé, puis nourri.

L’agility va canaliser ses turbulences ( aussi pour l’enfant hyperactif ) : le chien domine petit à petit sans qu’il n’y ait provocation.

Le rôle du thérapeute va être de réunir les éléments de travail qui vont permettre à la personne de se sortir de son isolement par l’action et pour l’action. Il doit faire en sorte que l’enfant puisse prendre du recul  et qu’il arrive de lui-même à rentrer dans le monde naturel qui l’entoure sans qu’il n’y ait rejet.

L’animal l’aide alors à le sortir de son instabilité et lui permet de prendre des nouvelles marques pour un avenir plus serein en jouant son rôle d’éponge et d’apaisement.

En cas de perturbation de l’enfant ( s’il tire les poils, les oreilles ou autre…), l’animal contrôle et rassure l’enfant en lui faisant comprendre qu’il n’est pas un jouet, mais un partenaire par des refoulements du museau, de sa tête et de ses pattes. Le thérapeute va commenter et reprendre tout cela.  L’enfant peut alors dégager des attitudes qui vont lui permettre de découvrir et d’approcher des pratiques qui lui échappent, ce qui favorisera la prise de recul, le questionnement et l’écoute de ce qui n’est pas lui.

L’angoisse, très souvent présente chez ces enfants, va s’amoindrir grâce à la fonction tranquillisante de l’animal dans la pièce.

 

 

C  -  Une expérience originale : «  Un Doudou Pour Titou « 

 

Ce projet part d’une impasse personnelle : Mon fils, autiste de haut niveau, bien qu’intellectuellement préservé, souffre d’un comportement qui lui ferme toutes les portes, y compris celles de l’école.

Après avoir bénéficié d’un PAI  ( Projet d’Aide Individuelle ) en primaire, il n’a plus trouvé d’option en entrant au collège. Son PAI consistait en l’assistance d’une tierce personne pour  une scolarité effective maximum de deux tiers temps de présence.

Au collège, on ne lui a plus rien proposé.

Il a donc été inscrit dans une école privée avec très peu d’effectif ( 10 enfants par classse ), mais cette solution n’a pas suffit car sa spécificité n’était pas prise en compte.

La scolarité des enfants pas comme les autres est déjà difficile à mener dans les petites classes, car, bien que les PAI existent, les difficultés liées à leurs différences sont souvent trop lourdes pour des classes déjà surchargées, mais elle devient  plus compliquée à mener au fur et à mesure qu’il avance dans sa scolarité.

Il est vrai que des établissements existent, mais les places, d’une part, ne permettent pas de solution pour tous et d’autre part, n’assurent pas le maintien d’un certain résultat scolaire pour ceux qui en sont capables.

 

Après l’échec dans son école privée qui avait le mérite d’offrir des effectifs allégés, nous avons envisagé l’enseignement au CNED ( Centre National d’Enseignement à Distance ) en dernier recours, avant les interminables insciptions en attente dans les IME ou IMPro ( Institut Médico-Educatif ou Professionnel ) .

Outre le manque de place, l’inconvénient majeur de cette solution pour les enfants qui y rentrent, c’est qu’ils ne peuvent plus en sortir : leur cursus est tout tracé : IME, puis IMPro, puis CAT ( Centre d’Aide par le Travail ).

Tant pis pour ceux qui auraient intellectuellement pu étudié !

L’enseignement par le CNED consiste en un envoi régulier de cours de la part du centre et du renvoi des contrôles par l’élève.

Concrètement, nous avons travaillé les cours avec lui, car d’une part il manquait d’autonomie et d’autre part, certains enseignements, comme les maths sont difficiles à suivre et à comprendre seul.

Nous avons eu aussi recours à trois intervenants au titre du service à la personne ( un en anglais, un en espagnol et un en sciences).

 

Contre toute attente, Marc Anthony s’est épanouit avec cette solution.

Il étudie seul, c’est vrai, mais se rend tous les mercredi et pendant les vacances scolaires à la MJC ( Mouvement pour la Jeunesse et pour la Culture ) ou en centre de loisirs pour adolescents ( il a 15 ans ). Sa socialisation est ainsi assurée.

 

Face à ce succès, nous avons eu l’idée d’en faire beneficier d’autres enfants, au parcours scolaire aussi cahotique que Marc Anthony et répondant à certains critères intellectuels qui leur permettraient de suivre un cursus scolaire classique.

C’est ainsi que nous avons créé l’association : «  Un Doudou Pour Titou « 

Cette association a pour but de promouvoir l’intégration scolaire et sociale des enfants différents dont le potentiel intellectuel est préservé afin de leur offrir la possibilité de rester le plus longtemps possible dans un parcours scolaire classique, ce qui leur permettrait, dans la mesure où ils pourront finaliser leur formation, d’avoir un vrai métier, donc, un plaisir à travailler et la dignité qui en découle.

 

Matériellement, les parents s’organisent entre eux pour les lieux de cours, tantôt chez les uns, tantôt chez les autres. Les enfants de même niveau sont regroupés ( pas plus de 4 à 5 enfants ) et les enseignants se déplacent au domicile des parents qui reçoivent le groupe.

Des séances de zoothérapie sont comprises afin d’éveiller et de sensibiliser les enfants sur l’extérieur à raison de deux à trois fois par semaine.

 

Financièrement, le coût reste élevé : rémunération des enseignants, de la psycho-zoothérapeute, mais une nouvelle allocation accessible désormais aux enfants peut diminuer considérablement la participation financière des parents : «  la prestation de compensation » . L’assistante sociale de l’association monte les dossiers de demande auprès de la MDPH ( Maison Départementale des Personnes Handicapées ) au besoin.

Les dons et subventions peuvent également faire la différence sur les mensualités à payer.

Nous aurons une idée exacte des montants en mai/juin 2009 et invitons toute personne intéressée à entrer en contact avec nous.

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